Bienvenue dans cette aventure zebrée!

Photo de Joost van Os sur Pexels.com

Douance, HPI, zèbre… la première fois que j’ai entendu ces termes, c’était en 2021. Je ne m’étais jamais posé de questions auparavant, bien que depuis ma tendre enfance (sortez les violons), je me sois toujours sentie en décalage par rapport aux autres. J’étais alors tombée sur une publication de Mathieu Cyr qui était devenu porte-parole pour l’Association Québécoise de la Douance et c’est là que le déclic s’est passé… Je m’identifiais à chaque mot que je lisais. Chaque. Mot. J’étais flabergastée! Il mettait des termes sur ma réalité qui me semblait totalement ordinaire et commune. Dans ma tête, tout le monde vivait comme moi; à 200 km/h, toujours prêt à foncer pour tout savoir, tout connaître, tout comprendre, tout découvrir, tout vivre. Puis, c’est là que j’ai compris que ce que je vivais au quotidien n’était peut-être pas si normal que ça.

« La «douance», c’est avoir un cerveau «surefficient». D’ailleurs je préfère de loin ce terme:«surefficience mentale». Parce que ça définit mieux la patente.
.
Avec un cerveau «surefficient», ça spin. Vite. Tout l’temps. Des fois de la bonne façon. Souvent de la mauvaise. Ça te fait entamer 12 projets que tu finiras jamais. Au lieu d’un seul que tu terminerais easy. Ça te fait remarquer 1000 choses en entrant dans une pièce. Et ça te fait lâcher des calls weirds parce que les autres ont pas vu ce que tu as remarqué.
.
Ça t’isole.
.
Ça te rend hypersensible. Émotivement et physiquement. Les étiquettes de chandail te gossent. Les p’tits bruits répétitifs te gossent.
.
Toute te gosse.
.
Ça t’empêche de dormir longtemps. Ça te fait te lever 4-5 fois par nuit. Ça te réveille à 6h du matin. Ça t’empêche de relaxer. De «prendre un break».
.
Ça t’épuise.
.
Ça te fait penser «en arborescence». Ex: Tu vois un nuage, paf! Ton cerveau part!
Une partie de ton cerveau pense à du lait (Comme dans l’expression: «un nuage de lait»), du thé, les Anglais, la bataille des plaines d’Abraham, Abraham Lincoln, Les voitures Lincoln, la retraite, une retraite fermée, manger du riz, pitcher du riz, un mariage, une robe.
.
L’autre partie de ton cerveau pense aux nuages dans le générique des Simpson, Bart, le skate, Tony Hawk, l’industrie du skate, La Californie, le coucher de soleil, le feu, les feux de forêt, le bois, du camping, des guimauves.
.
Tout ça en 2-3 secondes. Résultat: tu trouves que les nuages, c’est des robes de mariées en guimauves.
.
C’est ben l’fun une fois de temps en temps. Mais toujours, ça épuise. »

– Mathieu Cyr

Je me souviens qu’à l’époque, je venais d’entamer une période de sobriété, la première depuis les 5 années où j’avais pris l’habitude de boire à chaque jour. Cette sobriété s’est accompagnée d’une nouvelle réalité à laquelle je n’étais pas préparée ; mon cerveau n’étais plus engourdie continuellement. Sans le savoir, je me suis probablement auto-médicamentée pendant toutes ces années d’alcoolisme, ce qui fait en sorte que je n’avais pas à gérer mon cerveau surefficient. Mais la journée où j’ai arrêté… OH LALA.

WELCOME BACK IN THE REAL WORLD!!!

À l’époque, j’étais fière de dire que j’arrêtais de boire et que j’avais réussi à vaincre mes démons (bye bye rhum & coke!). Mais au fond de moi, cette nouvelle acclimatation m’épuisait beaucoup. J’ai donc dû trouver un moyen presqu’aussi efficace pour contrôler ma matière grise :

Troquer la bouteille pour le sport.

Évidemment, en tant que bonne intense, je n’y suis pas allée à moitié! Pendant les dernières années, j’ai cumulé de nombreuses courses, défis sportifs et records du monde. J’ai donné un sens à mes innombrables pas en m’associant avec la Fondation sur la Pointe des Pieds, pour qui j’ai réussi à amasser des milliers de dollars. La bonne nouvelle, c’est que cette intensité m’a fait canaliser mon énergie au bon endroit, alors même si ce n’était pas aussi efficace qu’une bonne bouteille de Saylor Jerry, j’ai vite relayé le concept de douance aux oubliettes…

Jusqu’à aujourd’hui. J’ai développé une allergie au froid à l’hiver 2025 (oui oui, bienvenue au Québec), ce qui a ralenti considérablement mon rythme sportif. J’ai également mis de côté la course à pied, parce que ça ne m’allumait plus comme avant. J’ai adopté un mode de vie plus sain, plus slow, où le sport prend une place plus raisonnable dans ma vie. Mon cerveau est donc revenu en force…

COUCOU, TU TE SOUVIENS DE MOI?

Depuis plusieurs mois, ma conjointe blague souvent sur le fait que je développe une nouvelle passion à chaque semaine, mais je n’y faisais pas abstraction. Puis, c’est en tombant sur le podcast de Louise Sigouin « Tu devrais consulter », où Catherine Brunet aborde sa douance, que j’ai repensé à l’année 2021. Et là mon cerveau s’est illuminé pour une deuxième fois.

OK, C’EST VRAIMENT MOI, TU NE PEUX PLUS LE NIER!

Première étape : Contacter une clinique afin de rencontrer une neuropsychologue. ✅

La différence avec 2021, c’est qu’aujourd’hui, j’ai besoin de mieux me comprendre. J’ai cette quête de sens par rapport à mon identité. Moi aussi, je veux mettre des mots sur ce que je vis. J’ai fait mon cheminement avec l’alcool, mais il me reste encore beaucoup de chemin à parcourir intérieurement. J’espère donc trouver des stratégies et outils pour m’aider au quotidien avec tout ça.

N’ayant plus de réseaux sociaux depuis l’année dernière, je souhaite utiliser ce blog pour partager ma réalité et échanger sur le processus que je suivrai dans les prochaines semaines. Mais avant tout, ce site est surtout une belle occasion pour mettre de l’avant ce qui me rend le plus heureuse : mes aventures sportives. Car au delà des termes et diagnostiques, nous sommes tous des humains à part entière.

Que l’aventure commence!

Laisser un commentaire